Après une année 2022 en croissance, le négoce prudent
CFP - Publié le 22 juin 2023
En 2022, l’activité des négociants en chauffage, sanitaire, plomberie, canalisation a connu une croissance régulière sur l’ensemble de l’année, dans un contexte inflationniste, sur un rythme moyen annuel de 6,4 %. Le chiffre d’affaires global du négoce s’élève ainsi à 6,2 Mds€ contre 5,9 Mds€ en 2021. A noter : c’est la première que les chiffres donnés par Coedis (Fédération des distributeurs d’équipements & solutions électriques, génie climatique et sanitaire – fusion de de la FDME et de la Fnas) sont intégrés au niveau ventes et non plus seulement achats.
« L’évolution de l’activité s’inscrit dans un cadre de hausse de prix général. L’indice INSEE du coût de la construction (ICC) du 4e trimestre 2022 atteint 2 052, confirmant ainsi une augmentation par rapport à l'indice du quatrième trimestre 2021 de + 8,80 %. Ce qui relativise l’effet de croissance du marché en volume », a tenu à préciser d’emblée Roland Mongin, délégué général de Coedis. Un marché sur lequel les achats se structurent de la façon suivante : 50 % sont relatifs au chauffage - génie climatique soit 3,12 milliards d'euros ; 29 % concernent les activités sanitaires, soit 1,84 milliard d'euros ; 21 % s'apparentent à la plomberie - canalisation soit 1,28 milliard d'euros.
Jean-Pascal Chirat (Saint-Gobain, Club de l’amélioration de l’habitat) a ensuite pris la parole pour présenter l’étude structurelle de ces marchés.
PAC air/eau à la proue
Premier focus : le chauffage. L’activité des distributeurs en génie climatique a suivi une tendance générale de progression des facturations de 8,1 % atteignant un CA de 3,1 Mds€. Les moteurs de cette dynamique restent fortement centrés autour de la thermodynamique (pompes à chaleur et climatisation) et des énergies renouvelables (solaire, biomasse). Les familles traditionnelles du chauffage (chaudières et radiateurs) confirment une perte de vitesse fortement marquée cette année. Pour rappel, les ventes des pompes à chaleur air/eau connaissent en 2022 une dynamique de croissance historique avec une progression du chiffre des vente de plus de 40 % en valeur et + 30 % en volume. En rénovation, le marché a bénéficié des aides gouvernementales et a profité en parallèle du retrait des générateurs traditionnels. Les PAC air/eau se répartissent de façon égalitaire entre les systèmes bi-bloc et monobloc. Les modèles de 6 à 10 kW connaissent la plus forte progression, ceux de 11 à 20 kW restent cependant majoritaires avec plus de 50 % du marché. Les ventes de PAC hybrides progressent également sérieusement à plus de 30 % en raison de leur bonne adéquation aux enjeux d’optimisation énergétique, en mesure par ailleurs de constituer une bonne alternative au remplacement de chaudières. Les PAC air/air, mono/multisplit connaissent un croissance de CA plus modérée. « En 2023, la perspective est que les ventes de PAC air/eau devraient demeurer à un niveau élevé sous l’influence des incitations pour la rénovation énergétique. Les PAC air/air pourront également bénéficier d’une image positive de système de chauffage performant capables d’assurer de surcroît le confort d’été, en offrant par ailleurs la possibilité de remplacer une partie des convecteurs électriques anciens. » Le marché reste néanmoins contraint par un déficit de main-d’œuvre professionnelle qualifiée. Les entreprises peinent à recruter, cette situation ne leur permettant pas de répondre rapidement à la demande.
Chute inévitable
Côté chaudières, la baisse de l’activité est à tous les étages :
-Chaudières gaz murales et sol, en moyenne - 22 % : réduction des aides publiques en rénovation et retrait rapide sur le marché de la construction neuve.
-Chaudières fioul - 39 % : accélération de la chute du marché en raison de l’interdiction de leur commercialisation depuis le 1er juillet 2022.
-Les brûleurs ont suivi la tendance à la baisse des chaudières mais légèrement moindre à - 18 %.
« Les chaudières gaz à haute performance devraient stabiliser leur position de marché en raison de leurs rendements élevés et de leur compatibilité aux solutions de gaz vert. Par ailleurs le remplacement d’une chaudière par une PAC n’est pas la meilleure solution pour les logements mal isolés », souligne Jean-Pascal Chirat. A noter, la mise sur le marché du biofioul F30 intégrant 30 % d’ester de colza et à terme du F55 pourrait se substituer au fioul 100 % fossile et apporter de nouvelles solutions sur le marché du remplacent des équipements n’ayant pas d’autres alternatives locales, avec un parc estimé à un million d’appareils.
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