Le site des acteurs du génie climatique

Ballons d’eau chaude : un recyclage plein de défis

CFP - Publié le 12 mai 2025

Ecosystem ouvre la première usine dédiée à la dépollution des ballons d'eau chaude usagés au Vigeant dans le département de la Vienne sur le site des établissements Decons, spécialisés dans le recyclage des véhicules et des déchets électroniques. Un processus avec de nombreux enjeux.

Ballons d’eau chaude : un recyclage plein de défis

Ils sont présents dans 16 millions de logements. Jusqu’ici, les ballons d’eau chaude étaient les grands oubliés du recyclage. En effet, leurs mousses isolantes contiennent des gaz fluorés qui sont jusqu’à 12 000 fois plus réchauffants que le CO₂. Tant qu’ils restent enfermés, cela ne pose pas se problème... Mais dès qu’on les broie, ces gaz s’échappent et polluent. L’usine du Vigeant veut faire progresser ce domaine : « Notre rôle a été de fédérer l’ensemble des parties prenantes du projet (récupérateurs, négociant en métaux, centres de traitement…), ces nouvelles unités nécessitant la mise en place d’un process inédit sur toute la chaîne de traitement », explique Nathalie Yserd, directrice générale d’ecosystem.

Grâce à cette nouvelle filière, le but serait d'éviter l’émission de 400 000 tonnes de CO₂ chaque année. Sur la période 2023-2050, cela représenterait 10,8 millions de tonnes évitées.

Un parcours de recyclage semé d’embûches

La collecte commence avec les milliers de ballons d’eau chaude qui arrivent en fin de vie. 10% sont déposés en déchetterie par les particuliers, le reste, 90 %, est récupéré par des professionnels du secteur. Ces ballons sont ensuite transportés vers des centres de traitement agréés.

Dans l’usine du Vigeant, les ballons sont broyés dans des unités hermétiques. Sous des hottes aspirantes, les gaz nocifs sont captés, liquéfiés, comprimés, cela permet de réduire leur volume et de les transporter plus facilement.

Après c’est la neutralisation. Une fois captés, les gaz sont envoyés dans des installations spécialisées où ils sont détruits à très haute température, garantissant ainsi leur élimination complète et évitant leur rejet dans l’atmosphère.

Un travail de fourmi 

Malgré tout, recycler des ballons d’eau chaude n’est pas aussi simple qu’on pourrait l’imaginer. Il y a plusieurs obstacles techniques à surmonter, notamment la séparation du polyuréthane du métal (ferraille). Ces deux matériaux sont souvent fortement liés, rendant leur séparation difficile. De plus, le polyuréthane peut contenir des gaz à effet de serre qui se libèrent lors du processus de découpe, nécessitant des systèmes de récupération avant l’incinération, bien que la récupération complète reste difficile.

Le calcaire est aussi un problème récurrent. Il peut endommager les équipements de traitement, comme les broyeurs, et demande un criblage préalable pour éviter que les machines ne se bloquent. Par ailleurs, l’identification des gaz utilisés dans certains modèles de ballons (CFC, pentane…) peut parfois représenter un vrai casse-tête.

En plus de cela, la gestion des déchets ultimes : mousses, plastiques et autres, doit se faire dans le respect de normes strictes de recyclage, ce qui rend le processus plus complexe. Il s'agit aussi de prendre des précautions supplémentaires pour manipuler et transporter des ballons parfois encore sous pression. 

Un projet soutenu par les industriels

Le Groupe Atlantic a été impliqué dès 2021 dans ce projet. Isabelle Savidan, directrice RSE du groupe, souligne : « Nous avons apporté tout au long du projet une expertise marché et produits. Le groupe mobilise aussi ses clients installateurs et distributeurs en faveur de pratiques de dépôt des chauffe-eau en fin de vie vers les récupérateurs partenaires de cette démarche vertueuse ».

D’ici fin 2025, quatre autres sites ouvriront : Coolrec à Lesquin (59), Derichebourg Revival à Bonneuil-sur-Marne (94), Derichebourg Eska à Cheminot (57) et Derichebourg Purfer à Saint-Pierre-de-Chandieu (69).

S’abonner à CFP

L'ÉDITION DU MOIS