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Bois-énergie : une filière en attente de reconnaissance

CFP - Publié le 05 juin 2025

À l’occasion de la 4e Journée Bois Énergie organisée le 4 juin à Paris, les acteurs de la filière ont rappelé le rôle central du bois dans la production de chaleur renouvelable. Malgré son ancrage territorial fort et ses retombées économiques, le bois-énergie reste encore insuffisamment intégré.

Bois énergie

Aujourd’hui, le bois-énergie, qu’il soit utilisé dans les installations domestiques, industrielles ou tertiaires représente 60 % de la chaleur produite à partir des énergies renouvelables. Selon les chiffres du Cibe (Comité Interprofessionnel du Bois Énergie), son usage a permis aux Français d’éviter près de 5 milliards d’euros de dépenses supplémentaires liées au bouclier tarifaire. Pour Mathieu Fleury, président du Cibe : « Les efforts effectués sur l’individuel doivent être améliorés pour le collectif. La chaleur bois énergie ne pourra pas assurer l’ensemble des besoins énergétiques. On se retrouve dans une équation plus politique. À l’origine, le bouclage biomasse est arrivé au moment où l’on s’est posé la question du zéro carbone. Les producteurs de carburants sont apparus, aujourd’hui la boucle a du mal à se boucler collectivement ».

Un ancrage territorial fort

Le bois-énergie joue un rôle important dans les économies locales, en s’appuyant sur des ressources et des emplois non délocalisables. L’approvisionnement en bois destiné à la chaleur est issu à 48 % de la gestion forestière, à 18 % de bois hors forêt, à 14 % de déchets bois, à 12 % de sous-produits industriels et à 8 % de connexes de scieries. Avec une forêt couvrant un tiers du territoire français, la filière génère aujourd’hui 53 000 emplois directs, un chiffre qui pourrait atteindre 78 000 d’ici 2030. Pour les collectivités locales, le bois-énergie constitue un levier précieux pour réduire la dépendance aux énergies fossiles et lutter contre la précarité énergétique. Marion Lettry, déléguée  générale de la Fedene, insiste sur la nécessité d’un changement d’échelle : « La marche à franchir est encore haute, il faut adopter l’approche du club de la chaleur renouvelable. L’approche territoriale permet de faire le lien avec les travaux au niveau national. En 2030, le bois énergie continuera d’apporter une contribution essentielle : 40 % mais il faut avoir les moyens suffisants au niveau local ».

Le bois en demande de soutien

La chaleur représente la moitié des besoins énergétiques en France et plus de 30% des émissions de carbone. Le bois n’a pas bénéficié du bouclier tarifaire, dont le coût global s’élève à 72 milliards d’euros, soit l’équivalent de 50 ans de budget annuel du Fonds de Chaleur. Les co-organisateurs de la Journée Bois Energies, le Cibe, Amorce, la Fedene, la FNCCR, Propellet et le SER demandent aux pouvoirs publics de mieux prendre en compte la place du bois énergie dans la stratégie énergétique de la France. Nicolas Garnier, délégué général d’Amorce, déplore un désengagement de l’État : « Alors que les projets augmentent, le système économique des réseaux de chaleur est fragilisé. On a l’impression que l’État n’est pas au rendez-vous. Nous appelons à un retour à la raison ».

Cette journée a également été l’occasion de saluer des initiatives exemplaires, comme le réseau de chaleur des Martres-de-Veyre (Auvergne-Rhône-Alpes), primé dans le cadre du concours « J’aime ma chaudière bois ».

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