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Evolution du DPE : l’arrêté est paru au Journal officiel

CFP - Publié le 27 août 2025

Annoncé le 9 juillet par le Premier ministre, l’arrêté destiné à adapter le coefficient de conversion de l’électricité dans le calcul du diagnostic de performance énergétique (DPE), a été publié ce jour au Journal officiel du mardi 26 août.

Radiateur électrique

Il a fait couler beaucoup d’encre au début de l’été (lire ici), le voici désormais officialisé. Ce nouvel arrêté prévoit une évolution de la méthode de calcul du DPE, à partir du 1er janvier 2026. Le coefficient de conversion de l’électricité (coefficient énergie primaire ou CEP) dans le calcul du DPE, actuellement fixé à 2,3, sera abaissé à 1,9, « en cohérence avec la valeur européenne actualisée », indique le ministère de la Transition écologique. L’objectif est on ne peut plus clair : favoriser l’électrification du chauffage des logements. « Cette évolution permettra d’améliorer le DPE de certains logements chauffés à l’électricité. Aucun logement ne verra son étiquette baisser », assure le ministère.

L’arrêté entrant en vigueur au 1er janvier 2026, tous les DPE ou audits énergétiques édités à partir de cette date intégreront automatiquement le nouveau coefficient. Tous les DPE édités en 2025 et avant resteront valables et pourront le cas échéant être mis à jour gratuitement et facilement, sans nouvelle visite du diagnostiqueur, sur le site internet de l’Observatoire DPE-Audit de l’Ademe.

Première à réagir, l'association Coénove dénonce une « consultation bâclée » face à une décision que Coénove persiste à dénoncer comme « techniquement contestable, socialement injuste et environnementalement contreproductive ».
Coénove précise que la synthèse de la consultation publique menée en juillet révèle une opposition nette à cette évolution du coefficient : 223 contributions défavorables, contre seulement 98 favorables, sur un total de 478 participations.
Le Conseil supérieur de l’énergie (CSE) et le Conseil supérieur de la construction et de l’efficacité énergétique (CSCEE) s’étaient également prononcés contre cette réforme lors de leur saisine fin juillet. Les contributions pointent le caractère artificiel et les conséquences délétères de la mesure : sortie de logements du statut de passoires thermiques sans travaux réels, report de l’effort de rénovation, perte de crédibilité du Diagnostic de Performance Énergétique (DPE)…

En réaffirmant son opposition à cette « révision arbitraire », Coénove soulève également des questions restées pour l’heure sans réponse : « Quelles études d’impact ont réellement éclairé cette décision et pourquoi ne sont-elles pas publiées ? Pour quelles raisons la moyenne européenne, déconnectée des réalités du mix électrique français, composé majoritairement d’électricité nucléaire, serait-elle une valeur adaptée pour la France ? Quels seront, à court et moyen terme, les effets de cette mesure sur la pointe électrique hivernale ? Pourquoi ignorer l’analyse de la Cour des comptes (rapport de juin 2025) rappelant que la production d’électricité entraîne des pertes thermiques considérables et justifie un coefficient spécifique ? Quels seront les impacts économiques et sociaux pour la filière bâtiment, alors que 850 000logements sortent artificiellement du périmètre de la rénovation ? »

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