Filière bois énergie : des innovations nécessaires pour l’avenir
CFP - Publié le 16 octobre 2024
Le colloque du CIBE s’est déroulé à Toulouse le mardi 8 octobre dernier.
Le président du CIBE, Mathieu Fleury, a ouvert le colloque en soulignant la conjoncture actuelle de restriction budgétaire. « Nous avons de sérieux doutes quant à l'augmentation du Fonds Chaleur à 1 milliard d’euros. C’est un objectif que nous espérons atteindre, mais je suis davantage pour une taxe carbone renforcée, afin de réduire notre dépendance aux aides », a-t-il déclaré. Il a également rappelé que l'hiver dernier, 2023-2024, moins rigoureux, a été marqué par une pluviométrie accrue, ce qui a eu un impact sur l’humidité du bois. « Cela nous amène à nous interroger sur l'accès aux forêts et aux bocages. L’humidité du bois a augmenté de 5 % par rapport à ce que nous observions habituellement. Il est important de rappeler que notre combustible n’est pas homogène, liquide et varie en fonction de la météo », a ajouté le président. Mathieu Fleury a ensuite souligné l’importance des innovations pour l’avenir de la filière. « Le développement de la filière bois énergie collective industrielle représente un quart des objectifs de chaleur renouvelable fixés à 38 % en 2030 selon la SFEC. La R&D et l'innovation sont indispensables ! »
En ce qui concerne le marché du granulé, après la crise de 2021 et la forte demande de 2022, le président a assuré que la filière retrouve progressivement sa stabilité. « L’épiphénomène qui a provoqué des perturbations est désormais derrière nous. Cette filière innovante a tout son sens quand on parle biomasse ». En somme, le CIBE a insisté sur le fait que la R&D dans le secteur du bois énergie, à usage collectif et industriel, ne se résume pas à une simple amélioration continue. Le CIBE insiste sur le fait que la filière doit poursuivre sa R&D pour répondre aux nouveaux et multiples défis à venir, voire réinventer de nouveaux concepts. Les expérimentations devront s’élargir aussi au financement et aux aspects juridiques.
Airbus s’offre une chaufferie de 20 MW
La veille, une visite du site d’Airbus Jean-Luc Lagardère de Toulouse a été organisée. Airbus a choisi une chaufferie biomasse pour remplacer la cogénération gaz en place depuis 2003 et qui sera conservée en secours. Cette installation permet d'éviter 12 000 tonnes de CO2 par an et 86 % des besoins du site sont couverts par la chaleur issue de biomasse. Au plus fort de l’hiver, 10 à 14 camions de 25 tonnes livreront de plaquettes forestières et de broyats de palette, issus d'un périmètre de 120 km maximum à la ronde. Dans la chaufferie bois, on retrouve six fosses de dépotage de 200 m³ chacune et deux chaudières de 6 et 14 MW de puissance de marque Weiss. La chaufferie alimente un réseau de chaleur d’environ 15 km, desservant 800 000 m² de locaux (bâtiments industriels, salle de peinture des avions et tertiaire) et fournissant eau chaude sanitaire). Un article sera consacré à cette chaufferie dans les prochains numéros de la revue CFP.

