L’Afpac lance le premier volet d’une collection de guides pour les PAC en collectif
CFP - Publié le 11 juin 2025
L’Afpac vient de publier un guide pratique dédié au raccordement électrique des pompes à chaleur collectives. Ce guide, rédigé en partenariat avec les équipes d’Enedis et le soutien de l’Ademe, s’inscrit dans une démarche plus large : la collection MémoPac.
« Ce guide a été conçu pour accompagner les acteurs de la rénovation énergétique dans leurs projets d’installation de PAC collectives dans les immeubles résidentiels existants. Il s’adresse principalement aux projets situés dans les zones desservies par Enedis, qui couvre 95 % du territoire français », a souligné François Deroche, Président de l’Afpac. Pensée comme une véritable « boîte à outils » pour les professionnels du logement collectif, MémoPAC vise à accélérer le déploiement des PAC en résidentiel, en construction comme en rénovation.
Un outil de référence pour la filière
Le guide sur le raccordement électrique constitue ainsi le premier opus de cette nouvelle collection. Il propose une méthodologie pour anticiper, dès la phase de conception, les besoins spécifiques liés à l’alimentation électrique des PAC collectives. Les contenus sont structurés pour répondre aux attentes des bureaux d’études, assistants à maîtrise d’ouvrage, installateurs, maîtres d’ouvrage ou encore architectes. En plus de recommandations techniques, le guide fournit des éléments pour fiabiliser les projets, sécuriser les budgets et optimiser la performance des installations.
Parmi le contenu de ce premier guide, il est possible de retrouver :
- un lexique métier pour faciliter le dialogue entre les différents intervenants ;
- une méthode en cinq étapes pour structurer le choix du scénario de raccordement ;
- six cas types de raccordement électrique, classés selon leur complexité technique ;
- des estimations de coûts, allant de 0 à 34 000 € selon les configurations ;
- des cas pratiques détaillés, illustrant des bâtiments de 14, 28 et 39 logements.
Surmonter l’obstacle technique
Le raccordement électrique est souvent perçu comme « une zone grise » dans les projets de rénovation. Le guide s’attache à en clarifier les enjeux. Les six cas types vont du plus simple — un raccordement sur la colonne montante existante, sans intervention d’Enedis — à des solutions plus complexes impliquant la création d’un poste de transformation en haute tension. Ces dernières exigent parfois des travaux lourds, comme le terrassement et engendrent des coûts plus importants.
Pour guider les acteurs dès les premières phases d’un projet, un arbre de décision en cinq étapes est proposé. Il prend en compte la puissance requise, l’état du réseau, les caractéristiques du bâtiment ou encore les objectifs de performance énergétique. Cet outil permet d’orienter le choix du scénario de raccordement le plus adapté aux contraintes et aux ambitions du projet. Ce guide renvoie également vers un simulateur en ligne gratuit, disponible sur le site d’Enedis, qui permet une première estimation de la faisabilité du raccordement et de son type (BT ou HTA). Cela offre une base concrète pour le dialogue entre les porteurs de projets et les gestionnaires de réseau.
Au-delà de ce premier volume, MémoPac a vocation à devenir une collection de référence sur les pompes à chaleur collectives. Les prochains guides aborderont d’autres volets clés : intégration architecturale, acoustique, dimensionnement, qualité des installations, ou encore maintenance. L’objectif : fiabiliser les projets, éviter les erreurs de conception ou de mise en œuvre, limiter les surcoûts imprévus et garantir la performance sur le long terme.
MaPrimeRénov’ : l'appel à la stabilité
François Deroche, président de l’Afpac, a profité de la présentation pour s’exprimer sur les actualités liées à MaPrimeRénov’ :
« C’est un mauvais signal pour l’ensemble des entreprises. Le marché de la pompe à chaleur souffre depuis 2023. La filière manque de visibilité. Le plan PAC gouvernemental visait à dynamiser les investissements sur le territoire, mais il semble difficile de concrétiser ces ambitions. Nous vivons un sentiment d’injustice, car la pompe à chaleur répond aussi aux « monogestes », ces petits travaux isolés, qui fonctionnent bien et n’engorgent pas les traitements. Au premier trimestre, 94 % des dossiers liés aux monogestes ont été traités, avec très peu de fraudes. Ce taux est même inférieur à celui observé dans la rénovation globale. Il faut donc éviter cette instabilité qui pénalise nos entreprises et génère des messages anxiogènes pour les particuliers. De nombreux dossiers ont déjà été déposés, et bien que la situation se soit un peu clarifiée la semaine dernière, il reste à voir comment cela évoluera dans les jours à venir. Nous continuerons à faire entendre nos ambitions lors des discussions à venir ».

