La clim plus forte que le Covid
CFP - Publié le 02 février 2021
Progression insolente de la clim, les PAC et les chaudières marquent le pas, premier couac pour le CET… Le syndicat Uniclima a dévoilé ce mardi les chiffres 2020 du génie climatique.
« Les perturbations de la pandémie n’ont pas été sans conséquences sur la filière », a annoncé d’emblée François Frisquet, président d’Uniclima, avant de balayer les chiffres 2020 du génie climatique. Voici les grands enseignements d’une année chaotique.
La clim insolente de facilité
La grande gagnante, c’est la clim ! Malgré un contexte difficile, la PAC air/air a connu une progression importante de 11 % entre 2020 et 2019 passant de 730 000 à 812 000 climatiseurs vendus. Dans le détail, les clim multisplits ont progressé plus rapidement que les monosplits et atteignent 30 % du volume du marché avec une forte croissance sur la plage de 5 à 7 kW. « Les PAC air/air deviennent des solutions globales et non plus ponctuelles pour une seule pièce à vivre », explique Christel Mollé, responsable du secteur de la clim chez Uniclima. Le segment du monosplit a connu une croissance homogène, tiré par les puissances de 5 à 7 kW (qui représente 60 % du volume). Christel Mollé note que les fluides à faible GWP (R32 notamment) représentent 84 % des ventes d’unités extérieures mises sur le marché. « Un très bon signe vis-à-vis des engagements de la filière pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre ». Fortune diverse pour la clim tertiaire avec, pour la première fois depuis 2012, une baisse de 9 % du marché des DRV passant de 30 500 à 27 600 unités.
La thermodynamique marque le pas
Le marché des pompes à chaleur air/eau se stabilise avec 175 000 unités en 2020. « On ne va pas bouder notre plaisir car on aurait pu s’attendre à une forte baisse », ajoute Eric Bataille d’Uniclima. Cet « excellent résultat » résulte du très bon 1er quadrimestre (+ 14 %) sur la lancée des résultats du marché 2019. Dans le détail, on souligne l’émergence – surtout en rénovation – des PAC air/eau monobloc avec 34 % de hausse (13 471 en 2019 à 18 000 unités en 2020) même si elles représentent moins de 10 % du marché. Les modèles biblocs baissent donc eux de 3,5 % et pâtissent de la hausse des monoblocs. « La chute du marché des logements neufs a impliqué une chute des PAC de petites puissances. Côté rénovation, le segment des PAC de puissances de 10 à 20 kW a plutôt été bon. Les PAC HT (supérieurs à 65 °C) ont elles connu une forte chute de 23 %. « Depuis le Coup de pouce chaudières, 190 000 chaudières ont été remplacées par des pompes à chaleur, dont 87 % de chaudières fioul et 13 % au gaz », confirme Eric Bataille. Sur l’utilisation des fluides, il note un retard sur la transition par rapport à la PAC air/air mais cela devrait s’accentuer en 2021. Le R410A concerne 82 % des ventes de PAC et le R32 17 %.
Les CET sont à la peine en 2020… Première année que ce marché est en baisse. En cause le marché du logement neuf, même si la part de chauffe-eau thermodynamique progresse en rénovation chaque année. Eric Bataille se dit « inquiet pour l’avenir » puisque 85 % des CET sont fabriqués dans l’Hexagone, ce qui conduirait à un affaiblissement préjudiciable pour l’industrie française… La géothermie a connu une petite embellie en 2019 mais 2020 n’a pas transformé l’essai avec une chute de 4,5 %. « Son avenir passera par le collectif », espère Eric Bataille.
Légère baisse pour les chaudières
Le marché total des chaudières (gaz + fioul) a légèrement baissé de 2 %, avec 585 000 unités vendues. Ce marché a connu un arrêt brutal et a su se reprendre au second semestre. Sans surprise, les chaudières à condensation se sont bien portées, contrairement au marché des chaudières classiques. Dans le détail, le secteur du collectif a accusé une baisse de 10 %, fortement perturbé par la pandémie et tiré par les modifications sur les dispositifs de CEE. Dans la maison, l’arrivée des pompes à chaleur air/eau ont pris une part significative dans le remplacement des chaudières. Le marché des PAC hybrides reste stable et s’établit autour de 4 000 unités.
Les chaudières biomasse se stabilisent à 17 300 unités (- 0,6 %). Le marché a été en croissance de 6 % sur le segment des chaudières à granulé à chargement automatique (dû à la directive Ecodesign) au détriment des machines à bûches. Ces dernières connaissent une décroissance de 30 %. François Frisquet rappelle que la chaudières biomasse ont toute leur place en rénovation et qu’il faut impérativement que les installateurs qualifiés qui posent des appareils au bois puissent émerger.
Les radiateurs au plus mal ?
Coté radiateurs, le secteur a fortement souffert en 2020 puisque leur activité principale est liée à la construction neuve, perturbée par le Covid-19. Un point important a été souligné par François Frisquet avec l’arrivée de la nouvelle RE 2020. « Cette dernière va avoir un impact important sur ce marché si elle reste en l’état. Puisque le PCBT est favorisé, le marché du radiateur va souffrir étant donné qu’il génère beaucoup d’emplois en France et représente un gros marché pour la rénovation ».
Ciel gris sur le solaire
« Situation très particulière » pour le solaire thermique affecté par la crise. 34 000 m² de surface installée au total soit une chute de 20 %. Si le marché des ventes d’appareils s’est maintenu dans l’individuel, il a chuté dans le collectif avec une décroissance à deux chiffres. « Le solaire est pertinent pour le neuf et le collectif et cette solution est la grande oubliée dans la RE 2020. On peut lui souhaiter que la prochaine réglementation puisse la prendre en compte et que les aides qui lui sont octroyées permettent de le stimuler », développe François Frisquet, qui souligne un point de vigilance avec la possible baisse des professionnels qualifiés QualiSOL.
Année contrastée pour la ventilation
Les centrales de traitement d’air chutent de 10 % au global passant de 5 500 à 6 100 unités avec une dégringolade 64 % pour les petits débits. Les unités terminales d’eau glacée pâtissent des résultats des chillers puisqu’elles baissent de 24 %. Dans l’individuel, les VMC chutent de 5 % au total avec une double flux qui stagne autour de 20 000 pièces par an. Ce sont les VMC simple flux qui trinquent avec 790 000 pièces et une baisse de 5 %. Stanislas Lacroix note toutefois une croissance intéressante sur le dernier trimestre de l’année. Pour le collectif/tertiaire, les unités simple flux et double flux chutent respectivement de 13 % et de 20 %, à cause du ralentissement des chantiers liés au confinement. « On espère que 2021 sera meilleur dans l’individuel et que le Plan de relance va booster le collectif/tertiaire », conclut le spécialiste QAI chez Uniclima.
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