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La filière chaleur solaire en ordre de marche

CFP - Publié le 26 juin 2024

Les Etats généraux de la chaleur solaire faisaient escale à Marseille cette année. Le syndicat Enerplan veut mettre les bouchées doubles pour multiplier par 8 la capacité de solaire thermique installée en France d'ici 10 ans.

enerplan

En ouverture des Etats généraux ce mardi 25 juin, le délégué général du syndicat Enerplan, Richard Loyen, a rappelé que le solaire thermique est une énergie insuffisamment exploitée en France. « La capacité installée est de 1,3 TWh, alors que les objectifs nationaux ambitionnent d’atteindre 6 TWh d’ici 2030 et 10 TWh à 2035… » Comment faire pour atteindre ces 10 TWh et multiplier par 8 la chaleur solaire dans l’Hexagone ? « Il faut que tout le monde se mobilise », insiste Richard Loyen. « Le solaire thermique, ce n’est pas seulement chauffer l’ECS de la maison. On peut le retrouver dans beaucoup d’applications : il est adapté à de nombreux secteurs de marché, allant du résidentiel individuel aux bâtiments collectifs et tertiaires, ainsi qu'aux industries de petite et grande envergure, couvrant des besoins en température allant de 40 °C à 400 °C. Bref, tous les solaires sont à considérer. Il faut prendre conscience du bond qui nous reste à faire, on a besoin d’un changement de paradigme ». Le délégué général regrette le manque de visibilité de la filière et un cadre législatif et réglementaire inadapté. « La législation et la réglementation actuelles ne sont pas propices à l'expansion de la chaleur solaire. Les contraintes imposées, par exemple par la loi ZAN ou par les ABF, limitent l'exploitation des terrains et toitures pour les installations solaires, ce qui représente un obstacle conséquent. C'est pourquoi un Français sur deux ne peut pas faire de solaire à ce jour ! »

24 mesures

Claire Barais, référente nationale solaire thermique à l’Ademe, explique que pour atteindre les 10 TWh, il faudrait multiplier par trois le résidentiel individuel, passer de 14 000 à 100 000 m² de panneaux installés par an dans le collectif et passer à 50 000 m² installés par an sur les grandes installations. « On n’y arrivera pas sans changer la recette. Les points essentiels sont la communication et la mobilisation, sans oublier la compétitivité des installations et bien entendu la simplification du Fonds Chaleur ».

C’est pourquoi le syndicat Enerplan se met en ordre de marche et propose 24 mesures dans un plan national de la chaleur renouvelable. Le syndicat souhaite instaurer un « droit au solaire » dans le résidentiel, faciliter l’accès au Fonds Chaleur, inclure tous les solaires dans le Fonds Chaleur ou encore renforcer les moyens des animateurs chaleur pour la prescription. Les mesures sont consultables ci-joint. « Réussir le déploiement des grandes installations de solaire thermique est important puisqu’elles représenteront d’ici à 2035 une part majoritaire des nouveaux volumes installés. Il faut lever les freins associés à ce segment tels que la difficulté d’accès au foncier ou encore les délais et complexités liés à l’instruction des projets », appuie Richard Loyen. Il n’oublie pas non plus de soutenir le couplage technologique : « Encourager l'association du solaire thermique avec d'autres technologies de production de chaleur renouvelable répondra de manière adaptée aux besoins des consommateurs ».

Un marché en baisse

Olivier Godin, vice-président d’Enerplan, a clôturé la matinée sur une note positive. « Le solaire est créateur d’emplois en France. Les industries sont en France ; les installateurs aussi ». La filière du solaire thermique en France métropolitaine représente en effet près de 3 000 emplois directs et indirects. La filière est confrontée à un fort besoin en main-d’œuvre qualifiée, avec des enjeux et besoins différents pour chaque segment. Le vice-président a enfin présenté les derniers chiffres tout frais du marché. Après une année 2023 à + 6 % (le solaire thermique a été la seule filière EnR à être en croissance dans un contexte compliqué), il connaît un trou d’air de - 30 %. Néanmoins il performe par rapport aux autres marchés, cela est lié à la hausse des prix de l’énergie. Dans le détail, le nombre de m² installé pour les CESI chute de 46 %, les SSC de - 26 %. Seul le collectif résiste bien avec une stagnation à - 1 %.