La filière PAC en ordre de bataille pour son déploiement dans le collectif
CFP - Publié le 13 avril 2023
Lors de la Matinale de la PAC ce mercredi 12 avril, l’association française pour les pompes à chaleur (Afpac) a présenté son plan d’actions pour les trois prochaines années dans le but de faire émerger les solutions de pompes à chaleur en logement collectif.
Pascal Housset, président de l'UMGCCP-FFB, et François Deroche, président de l'Afpac.
Plébiscitée dans le résidentiel, la pompe à chaleur va devoir trouver sa place dans le logement collectif, dans le neuf comme dans l’existant. Dans le collectif neuf, la raison est connue avec le seuil de l’indicateur carbone des arbitrages de la RE 2020 qui condamne les chaudières gaz. « La pompe à chaleur est, il est vrai, moins connue en collectif que dans le résidentiel », s’est exprimé François Deroche, président de l’Afpac, en introduction de la Matinale qui réunissait pour l’occasion 150 participants. « Mais en collectif neuf, la RE 2020 flèche le déploiement des solutions bas carbone, la PAC est donc légitime ! En rénovation, les solutions PAC seront aussi disponibles ». Olivier David, chef du service climat et efficacité énergétique à la DGEC, a appuyé les propos du président de l'association. « Le bâtiment représentait 93 millions de tonnes d’émissions de CO2 en 1990. En 2022, ce secteur est à 64 millions de tonnes de CO2. En 2030, l’objectif sera d’atteindre des émissions de 30, voire 35 millions de tonnes de CO2. Pour y arriver, il faut accélérer la baisse de la consommation, et cela passe par des efforts de rénovation pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et donc une sortie des énergies fossiles. La PAC a un rôle à jouer, et pour atteindre les objectifs ambitieux, on aura besoin de tous les types de solutions de PAC ».
L’Afpac s’implique forcement pour structurer le marché en logement collectif. Valérie Laplagne, responsable ENR chez Uniclima et également administratrice de l’Afpac, a même révélé le plan d’actions de l’association pour les trois prochaines années. Premier chantier : définir les règles de conception et de réalisation des installations de PAC. La filière a défini des règles de dimensionnement – en quelque sorte des pré-DTU – des PAC, qui vont aboutir à des DTU. « Nous avons également la volonté de proposer des points d’attention en logement collectif sur la conception des PAC avec des études thermiques, des points de vigilance sur la température de bouclage, l’intégration architecturale, une aide au choix des solutions en fonction des configurations… », développe Valérie Laplagne, qui annonce aussi qu'un outil d’évaluation acoustique des PAC est en cours d’élaboration, dans un premier temps pour la maison individuelle et bientôt pour le logement collectif. Quant à la qualification des installations – et garantir leur bon fonctionnement –, l’Afpac mène en ce moment « une réflexion pour rassurer les maîtres d’ouvrage ». Valérie Laplagne a rappelé la nécessité de former les installateurs et mainteneurs, mais également de communiquer et diffuser les bonnes pratiques vers les différents acteurs de la filière. C’est pourquoi l’association en a profité pour présenter officiellement son guide sur les solutions de PAC dans le collectif. Nous en parlions sur notre site au début du mois de mars. « Le plus gros reste devant nous », a poursuivi Valérie Laplagne. « Nous aurons un soutien de l’Ademe pour entreprendre toutes ces actions ».
En conclusion de cette matinée, le président de l’Afpac, François Deroche, a confié que « les discussions étaient communes avec les acteurs de la filière pour plancher sur le dimensionnement, l’installation, la maintenance des machines, ainsi que sur l’accompagnement des professionnels afin d'aboutir à des installations pérennes avec de bonnes performances dans le collectif ».

