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La Pac, une bonne solution pour la réno ? Oui, mais…

CFP - Publié le 02 février 2023

Pour l’Association négaWatt et le CLER-Réseau pour la transition énergétique, les pompes à chaleur ont un rôle central à jouer dans la décarbonation du bâtiment et la transition énergétique. A condition de respecter certaines règles afin de rendre les rénovations performantes : isolation du bâti obligatoire mais aussi régime température adapté.

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Si les deux organisations se disent favorables à un développement des installations de pompes à chaleur, elles alertent toutefois sur les conditions d’installation de ces appareils. Une étude technique réalisée par l’association négaWatt en 2022 sur les conditions de fonctionnement d’une Pac et de son installation en substitution de chaudières à combustible fossile dans des passoires thermiques démontre que la réalisation d’une rénovation performante est une condition préalable et impérative au fonctionnement correct des Pac.
Olivier Sidler, porte-parole de négaWatt, a détaillé cette étude, pointant du doigt d’emblée la principale limite du fonctionnement d’une Pac : elle ne peut pas fournir de chaleur à plus de 55 °C en sortie de condenseur. Au-delà, la pression dans le circuit frigorigène devient excessive et la Pac se met en sécurité et s’arrête immédiatement (les Pac haute température sont abordées plus loin dans l'étude). « Or beaucoup d’installations de chauffage nécessitent des températures d’eau très supérieures à 55 °C », insiste Olivier Sidler. « Avec une température maximum de 55 °C, une pompe à chaleur « classique » ne peut chauffer un logement doté d’une loi d’eau à 90 °C que pour les températures extérieures supérieures à 8 ou 9°C (cela dépend des régions). » Première conclusion : il est impossible de se contenter de remplacer une chaudière par une Pac dans un logement où le régime de température des émetteurs est supérieur à 55 °C car il y aura une insuffisance de chauffage. Il faut obligatoirement une seconde source de chauffage. Après avoir évoqué les convecteurs électriques, avec les limites que l’on connaît, Olivier Sidler s’est attardé sur les Pac hybrides, permettant de n’avoir qu’une seule consommation, dont il a relevé certains inconvénients : coût d’investissement élevé et coût d’exploitation grevé par le double abonnement et les doubles frais de maintenance nécessaires ; nécessite beaucoup de place ; il n’existe plus d’aide financière en maison individuelle pour une Pac en relève d’une chaudière existante.

Abaisser le niveau de température de la loi d’eau
Idem pour la Pac haute température, qui permet de remplacer directement une chaudière, qui présente des limites selon le porte-parole de négaWatt : coût d’investissement très élevé ; coût d’exploitation grevé par une forte puissance de l’abonnement électrique ; unité extérieure encombrante et bruyante ; la consommation et surtout la pointe électriques sont très élevées, presque au même niveau que la solution d’appoint par convecteurs ; le recours à des températures élevées en sortie de condenseur conduit mécaniquement à une dégradation du Cop de la Pac, ce qui en amoindrit son intérêt.
En conséquence, la question se pose si l’on souhaite mettre en œuvre une pompe à chaleur dans de bonnes conditions : comment abaisser le niveau de température de la loi d’eau ? Si la première idée – augmenter la surface des émetteurs – ne permet de réduction des pertes thermiques, la deuxième – rénover le logement et diminuer les déperditions – semble être la solution la plus pertinente selon cette étude. « Passer du qualitatif au quantitatif et établir un bilan comparatif a nécessité de créer un outil de simulation du parc de logements », explique Olivier Sidler. « L’échantillon adopté pour établir les bilans représente 50 % des logements de classes F et G chauffés par gaz et fioul, soit 1,4 million de logements concernés. Nous avons fait ce choix car c’est la partie du parc la plus émettrice de gaz à effet de serre et sa rénovation serait une priorité en phase avec le nombre de rénovations prévues dans la PPE. »

Lire l’article complet dans le prochain numéro de Chaud Froid Performance

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