Les Compagnons partagent leurs expériences à l’Académie du Climat
CFP - Publié le 14 mai 2025
L’ancienne Mairie du 4ème arrondissement de Paris a ouvert ses portes au colloque des Compagnons des métiers du sanitaire et du génie climatique. Plus de 250 professionnels du secteur se sont réunis pour échanger sur les défis auxquels leurs métiers doivent faire face…
« Les Compagnons du Devoir sont porteurs d'un savoir-faire ancien mais ils sont aussi tournés vers l'avenir. Notre but est de redonner toute sa place à l'amélioration du geste, à l'exploration du terrain et à l'encouragement de l'artisanat », a affirmé Maxence Chevalier, Compagnon passant plombier en début de colloque. La matinée a débuté avec plusieurs d’interventions. Sébastien Baillot, Compagnon plombier et Dominique Bidou, essayiste et spécialiste du développement durable, ont partagé leur vision sur le réchauffement climatique. A la suite de cela, des experts comme Christelle Ebner, directrice de l’Agence Qualité Construction et Serge Haouizee, directeur général du Costic ont détaillé les nouvelles réglementations. La gestion de l'eau a également été au centre des discussions, avec l’intervention de Sébastien Chambinaud, expert dans ce domaine.
Débats sur la GTB et la low tech
« Dans les métiers du bâtiment, tout le monde parle du numérique et pourtant beaucoup trouvent moins excitant d'être derrière un écran que sur le terrain » lance Joséphine Ledoux, directrice d’Enera Conseil au début de son intervention. Elle a notamment abordé la place qui se fait de plus en plus présente du numérique dans la gestion des bâtiments. Elle a aussi précisé la différence entre la Gestion Technique de Bâtiment (GTB) et la Gestion Technique Centralisée (GTC), expliquant que la GTB offre une approche plus globale : « La GTB est plus large que la GTC, car elle permet de gérer l'ensemble du bâtiment et ses installations via des données en temps réel. Cela permet d’ajuster les consignes de manière optimale ».
Joséphine Ledoux a également présenté un exemple concret pour illustrer l’efficacité de la GTB avec un projet d’Ehpad : « Dans ce projet, une fois les consignes de température modifiées, nous avons observé une hausse des consommations d’énergie. La GTB nous a permis de corriger cela rapidement et de réduire la consommation de 24 % en un an ». Elle a aussi insisté sur l'importance de la formation des équipes : « Il ne suffit pas d'installer les outils numériques dans un bâtiment. Il faut également former les équipes pour qu'elles puissent les utiliser correctement », vient-elle ajouter.
« Je pensais parler de low-tech et je me suis dit, tiens, ils vont se dire que c'est Laura Ingalls qui arrive, avec ses gros sabots en bois ». C’est par cette remarque humoristique que Solène Duprat, présidente du comité technique de l’AICVF a commencé son intervention sur les solutions passives et low-tech. Elle a également abordé la question des déchets, évoquant les 46 millions de tonnes générées chaque année dans le secteur du bâtiment et de la rénovation en insistant notamment sur une approche collaborative : « Si architectes et concepteurs font des efforts sur la partie infra avec les bons isolants et que nous en en génie climatique, on ne fait pas vraiment d’efforts… tous les efforts faits dans la construction du bâtiment seront finalement annulés ».
Elle a appelé à une gestion plus responsable des déchets en amont et en aval des projets : « Il faut penser à votre métier au quotidien, comment vous travaillez en amont dans la logistique de la gestion de vos produits et en aval, comment réutiliser, potentiellement réemployer tout ce qui est chute ou équipement » vient-elle détailler. Elle a finalement évoqué la démarche low-tech comme étant fondée sur trois critères essentiels : « durabilité, sobriété et accessibilité » en citant un projet d’école livrée ou a été a utilisé des matériaux comme le bois et des isolants recyclés, couplés à une ventilation.
La question de l’attractivité des métiers
Rendre « glamour » le métier, « attirant ». Cette question a également été au cœur des débats des compagnons : « Il faut trouver des solutions pour attirer les jeunes vers vos métiers, qui sont indispensables et qui seront de plus en plus indispensables. » explique Dominique Naert, directeur du Mastère Immobilier et Bâtiments Durables à l’Ecole des Ponts ParisTech. Il a insisté sur la nécessité de la formation continue pour réussir cette transition. Il a également souligné l’importance de travailler en équipe. Il a mentionné le projet « Passerelle » comme un exemple de parcours permettant à des jeunes de commencer avec un CAP et de viser un bac professionnel, tout en développant des compétences humaines et professionnelles. La matinée s’est poursuivie par un buffet ou les participants ont pu échanger sur leurs expériences mais aussi sur les difficultés rencontrées dans la pratique de leurs métiers.

