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Logement : « le mal-aimé de la République » pour la FFB

CFP - Publié le 16 décembre 2025

Alors que les débats sur la loi de finances pour 2026 se poursuivent, le secteur du bâtiment tente de sortir d’une crise. Entre résistance inattendue de l’économie, effondrement durable du logement neuf et espoir d’un rebond conditionné à des choix politiques, le logement reste le maillon faible selon la FFB.

FFB

« L’entrée en 2026 laisse une possibilité de sortie de crise progressive, sous réserve qu’une loi de finance équilibrée soit votée » lance Olivier Salleron, Président de la FFB. Après une baisse de 1,2 % en 2023 et de 6,0 % en 2024, l’activité du bâtiment recule encore de 4,0 % en 2025 (hors effet prix). Le principal responsable reste le logement neuf, impacté par un effondrement de près de 40 % des mises en chantier entre 2021 et 2024, dont –12,2 % sur la seule année 2024. Un rebond s’est dessiné en 2025, porté par l’amélioration des conditions de crédit, le plan de relance d’Action Logement et de CDC Habitat, ainsi que le ré-élargissement du PTZ. Mais il reste très insuffisant : avec une hausse de 8,4 % des logements commencés, l’année se clôt à 283 000 unités, très loin de la moyenne historique de 360 000 logements par an, et encore plus loin des besoins réels. Un signal toutefois encourageant : les permis de construire progressent de 16,2 % en 2025, principalement dans l’individuel, ouvrant des perspectives pour 2026.

Non résidentiel et rénovation : la dégradation se confirme

Dans le non résidentiel neuf, la situation se détériore encore. Après –0,2 % en 2023 et –4,1 % en 2024, la production chute de 6,6 % en 2025. Tous les segments sont concernés, à l’exception mais à confirmer des locaux commerciaux. Les bâtiments administratifs, eux, résistent grâce au cycle électoral municipal. Autre déception : l’amélioration-entretien, qui recule de 1,1 % en 2025 alors qu’une légère croissance était espérée. Les coupes et blocages sur MaPrimeRénov’ et les certificats d’économie d’énergie (CEE) tirent la rénovation du logement vers le bas (–1,2 %), tandis que le non résidentiel cède aussi du terrain (–0,8 %). Malgré trois années de crise, l’emploi recule plus modérément que l’activité : –1,5 % en 2025, soit environ 20 000 postes supprimés. Un chiffre qui s’ajoute toutefois aux 35 000 emplois déjà perdus entre 2022 et 2024.

2026 : un rebond attendu, mais encore fragile

Portée par les mises en chantier et permis délivrés en 2025, l’activité du logement neuf progresserait de 9,5 % en volume en 2026. L’individuel tirerait la reprise (+11,2 %), le collectif suivant plus timidement (+7,5 %). La dynamique est claire : les ventes de maisons individuelles bondissent de près de 40 % fin 2025, tandis que le collectif peine à redémarrer. En l’absence d’un véritable statut incitatif du bailleur privé, la FFB anticipe même une nouvelle baisse des mises en chantier dans le collectif en 2026. Dans le non résidentiel neuf, la hausse serait quasi symbolique (+0,5 %), la bonne tenue des locaux commerciaux étant compensée par la chute des bureaux et l’érosion de l’industriel. Les bâtiments administratifs afficheraient +2,1 %, effet retard des projets lancés en 2025. À plus long terme, les signaux restent négatifs : surfaces commencées (–0,7 %) et autorisées (–0,2 %) en 2026. Côté rénovation, le recul se poursuivrait (–0,5 %), avec une rénovation énergétique du logement en baisse de 1,3 %.

 La FFB identifie deux leviers majeurs pour relancer le logement collectif : Un véritable statut du bailleur privé, réellement incitatif. Le dispositif actuellement débattu est jugé trop contraignant : loyers trop bas (Loc’Avantages), impossibilité d’imputer le déficit foncier sur le revenu global, amortissement peu attractif et pénalisant à la revente. La baisse de la réduction de loyer de solidarité (RLS) de 1,3 milliard à 900 millions d’euros, une option qui semble se dessiner au Parlement.

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