MaPrimeRénov' : passer de 90 000 à 200 000 rénovations performantes en 2024
CFP - Publié le 15 juin 2023
Le gouvernement a annoncé ce lundi 12 juin que les aides MaPrimeRénov’ évolueront au 1er janvier 2024 pour pousser davantage les rénovations performantes. 300 millions d’euros seront également débloqués pour financer Mon Accompagnateur Rénov’.
L’objectif du gouvernement est clair : réduire nos émissions annuelles de gaz à effet de serre à 270 MtCO2eq en 2030 (contre 418 millions en 2021). Les émissions de gaz à effet de serre du secteur du bâtiment sont de 75 MtCO2eq en 2021 (dont48 MtCO2eq pour les logements). Le but est de passer de 75 à 30 MtCO2 à 2030. Cette réduction des émissions passera par la baisse des consommations d’énergie et la sortie des énergies fossiles. « L’enjeu n’est pas d’embêter les Français, mais d’arriver en 2030 à notre objectif », a déclaré Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique. Le dispositif MaPrimeRénov’ n’a d’autre choix que de changer de braquet. « MaPrimeRénov’ est déjà un succès, mais l’enjeu est d’aller plus loin pour 2024 ». L’aide sera donc scindé en deux piliers : efficacité et performance. Le pilier « efficacité » permettra de poursuivre les aides MaPrimeRénov pour les changements de chaudière et les petits bouquets de travaux combinant des gestes d’isolation et d’équipement de chauffage décarboné. Le pilier « performance » servira à financer les rénovations performantes au sens de la loi, c’est-à-dire des rénovations d’ampleur. Les barèmes seront rendus plus incitatifs, en vue de s’approcher d’un reste à charge minimal pour les ménages les plus modestes s’engageant dans des rénovations d’ampleur. Christophe Béchu ajoute que l’objectif sera de passer de 90 000 rénovations performantes en 2022, à 200 000 en 2024.
Fin des chaudières fossiles
On peut toutefois noter que pour atteindre les taux d’émissions de gaz à effet de serre évoqués précédemment, l’objectif sera de remplacer 75 % du parc de chaudières fioul et 20 % du parc de chaudières gaz (soit un peu moins de 2,5 millions d’appareils au gaz) par des équipements décarbonés, comme cela est indiqué dans la concertation du gouvernement publiée ce mois. « La réduction à 30 MtCO2 des émissions du secteur du bâtiment en 2030 (objectif de la SNBC) pourrait être atteinte en remplaçant 75 % des chaudières au fioul : soit 300 000 chaudières fioul remplacées chaque année d’ici 2030. En ce qui concerne le chauffage gaz, il faudrait entamer une sortie progressive dans le secteur tertiaire (réduction de 15 % de la consommation de gaz et 2 % du parc qui quitterait le gaz chaque année) ainsi que dans le secteur résidentiel. Concernant le logement résidentiel, cela repose sur le remplacement de 40 % des chaudières des maisons individuelles d’ici 2030, supposant que 7 % du parc (constitué de 5,7 millions de maisons individuelles chauffées au gaz) quitte le gaz chaque année, et le remplacement de 10 à 20 % des chaudières des logements collectifs. L’ensemble représente la suppression d’un quart des chaudières gaz en 2030 par rapport à aujourd’hui ».
300 M€ pour l’accompagnement
Autre sujet : l'accompagnement des ménages et des travaux. Le gouvernement a confirmé que Mon Accompagnateur Renov' sera obligatoire dans le parcours « performance ». « Cette prestation d’accompagnement serait entièrement prise en charge pour les ménages très modestes, sur tout le territoire », a appuyé Agnès Pannier-Runacher. Au-delà, les collectivités territoriales pourront continuer de cofinancer ces prestations pour limiter voire supprimer le reste à charge de l'ensemble des ménages. Le montant de référence de cette prestation pour le calcul de l'aide passera ainsi de 1 200 € aujourd’hui (programme SARE actuel) à 2 000 € en 2024. MonAccompagnateurRénov’ sera entièrement financé par un nouveau programme CEE, doté de 300 millions d’euros sur deux à trois ans. Ces évolutions s’accompagneront d’une enveloppe budgétaire consacrée à la rénovation performante en hausse. Les barèmes précis et l’enveloppe consacrée à MaPrimeRénov en 2024 seront annoncés dans les prochaines semaines dans le cadre des annonces sur le Projet de loi de finances 2024.

