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Nicolas Garnier (Amorce) : "La RE 2020 prend une direction mortifère pour les ENR"

CFP - Publié le 10 décembre 2020

Lors de la conférence de presse annuelle organisée par l'Ademe, l'association de collectivités, réseaux de chaleurs et gestion locale de l'énergie Amorce et le Syndicat national du chauffage et de la climatisation urbains (SNCU), le délégué général d'Amorce Nicolas Garnier a fustigé les derniers arbitrages de la RE 2020.

nicolas Garnier

Nicolas Garnier, délégué général d’Amorce, ne comprend toujours pas le nouveau facteur d’émissions de CO2 du chauffage électrique de la prochaine RE passant de 210 g CO2/kWh à 79 g CO2/kWh. « Avec cette division par trois, le chauffage électrique est ainsi plus écologique que le réseau de chaleur alimenté par des énergies renouvelables. On marche sur la tête car cette électricité n’a même pas 20 % d’énergies renouvelables. Avec ces modifications de calcul contestables, près de la moitié des réseaux de chaleur risquent de ne plus pouvoir avoir le droit de raccorder des bâtiments neufs. On est dans un hold-up carbone ! Est-ce qu’on est bien en train de mettre en œuvre une transition écologique pour baisser les consommations d’énergie et réellement développer les énergies renouvelables et baisser le carbone ? Ou est-ce qu’on est en train de manière souterraine de favoriser les solutions de chauffage électrique qui sont les plus chères ? Pourquoi le convecteur et surtout la pompe à chaleur – qui soit dit en passant ne sont pas toutes vertueuses – seraient-ils favorisés unilatéralement ? » Nicolas Garnier souhaite que des simulations soient mises sur la table afin de prouver que les réseaux de chaleur ne soient pas mis en difficulté par les réglementations que cela soit RE 2020 ou encore décret tertiaire. « Il faut également une neutralité des décisions sur le contenu CO2 sinon on risque d’assister à une guerre des énergies qui n’est pas souhaitable. Nous voulons des évaluations indépendantes des contenus CO2 des différentes solutions énergétiques au risque de prendre en otage la transition énergétique et in fine le porte-monnaie des Français. Aujourd’hui nous ne sommes plus dans un débat indépendant, chacun défend son intérêt, y compris l’état qui n'est pas un acteur neutre ». Le délégué général d'Amorce ajoute que la filière va finir par demander un report de la RE 2020 car « elle prend une direction qui peut être mortifère pour les énergies renouvelables ».

Converver une boucle d'eau chaude

Aurélie Lehericy, présidente du SNCU, a profité de la conférence pour affirmer qu’il fallait impérativement conserver une boucle d’eau chaude dans les bâtiments. « La RE 2020 n’a pas encore mis en place un dispositif suffisant pour accompagner les réseaux de chaleur et froid vertueux, on y travaille… Il également faut que la boucle d’eau chaude reste au sein des bâtiments pour avoir recours et être raccordée au réseau local. Nous souhaitons enfin inciter les petites et moyennes villes à se raccorder à un réseau ». Aurélie Lehericy a présenté les résultats annuels de l’enquête SNCU. La France compte à début décembre 2020 798 réseaux de chaleur – soit une progression de 2 % par rapport à 2019 – qui alimentent 2,5 millions d’équivalents-logements sur près de 6 000 km de réseau. Les réseaux de chaleur en France représentent plus de 60 % d’énergies vertes. « Les nouveaux réseaux sont de plus en plus vertueux mais 20 % du parc (soit 150 réseaux) dépendent encore des énergies fossiles. Si on veut accélérer le verdissement de ces 150 réseaux, il faut un cadre réglementaire pour permettre d’apporter de la chaleur verte en cours de contrat de concession et ne pas attendre la fin de ce contrat », a conclu a présidente du SNCU.

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