Olivier Salleron (FFB) : "La catastrophe est là et va durer deux ans si rien n’est fait"
CFP - Publié le 13 décembre 2023
Le président de la FFB Olivier Salleron a profité de la conférence de fin d’année pour évoquer l’activité du bâtiment, mais également pour fustiger la refonte de MaPrimeRénov’ et le dispositif Mon Accompagnateur Rénov’, « pas encore prêt ».
« Alors que le contexte économique et financier reste peu favorable, l’espoir d’un soutien au secteur au travers de la loi de finances pour 2024 s’amenuise – elle sera débattue cette semaine à l’assemblée nationale –. Son entrée en récession devient inévitable. Nous restons toutefois débout et ce depuis trois ans ! ». Voici les mots Olivier Salleron lors du bilan de fin d’année à la FFB.
Dans le détail, la crise du logement neuf – qui représente environ 27 % de l’activité – est particulièrement violente depuis le début d’année 2023. Avec 286 000 mises en chantier attendues sur l’année, le marché retombe à proximité de ses plus bas historiques de 1992-1993 (275 000 unités). Cela correspond à une chute de 22 % en an, qui s’accompagne, de plus, d’un effondrement de 24 % du nombre de permis de construire. « La catastrophe est là et va durer deux ans si rien n’est fait dans le projet de Loi de Finances qui sera débattu ce mercredi 13 décembre à l’assemblée nationale », explique Olivier Salleron. La production en non résidentiel neuf résiste, à + 0,4 %, mais les surfaces commencées connaissent leur plus faible score depuis 1986, avec 22,7 millions de m².
Limitation des rénovations par gestes
Quant à l’amélioration-entretien, qui pèse pour 54 % de l’activité, il s’agit du seul segment en réelle croissance, de près de 3 % en volume, notamment grâce à la rénovation énergétique. « On peut espérer une hausse », prévient le président de la FFB, qui souhaite toute bonnement un abandon de la condition de changement de vecteur énergétique. « On prévoit 1,6 % de croissance en 2024 malgré deux facteurs négatifs : la réforme supplémentaire : MaPrimeRénov’qui va être pénalisante à cause des deux gestes obligatoires. La proposition actuelle – si elle est votée dans quelques jours – pénaliserait les ménages en les obligeant à changer leur chaudière en même temps qu’un autre geste (isolation, changement de fenêtres par exemple) pour avoir la prime ». Le président prédit même une chute des aides délivrées « dès le printemps » si rien ne bouge. Deuxième facteur : Mon Accompagnateur Rénov’. « Une bonne initiative », pour Olivier Salleron. « Mais le dispositif n’est pas prêt. Il devrait être en place au 1er janvier 2024… Mais ils ne sont que 300 Mon Accompagnateur contre 2 500 initialement prévus. Cela va freiner la rénovation. Encore une fausse-bonne idée au niveau du délai d’application. On est pour mais personne n’est prêt ».
En somme, la FFB souhaite que l’on réouvre la possibilité d’approche par gestes sans changement de système de chauffage et que les entreprises de bâtiment dûment qualifiées puissent devenir Mon Accompagnateur Rénov’.

