"Remettre la chaleur renouvelable à sa place"
CFP - Publié le 09 décembre 2021
Le président du Ser, Jean-Louis Bal, le délégué général d’Amorce, Nicolas Garnier, et Pascal Roger, président de la Fedene, ont dressé 4 priorités pour accélérer le déploiement de la chaleur renouvelable et de récupération en France.
Nicolas Garnier souhaite remettre la chaleur renouvelable au cœur du jeu et regrette qu’elle peine à trouver sa place dans le débat face à l’éolien et le nucléaire. Ces propos sont appuyés par Jean-Louis Bal qui parle d’une « chaleur renouvelable pas assez médiatisée ». Ce dernier espère « rehausser le niveau d’ambition » sur la part de la chaleur renouvelable dans le mix énergétique. La France est en effet en retard sur ses objectifs de développement de chaleur renouvelable. La loi de transition énergétique pour la croissance verte a fixé l’objectif que 38 % de la chaleur consommée en France soit d’origine renouvelable en 2030. Le Plan national d’actions en faveur des ENR prévoyait quant à lui que 33 % de nos besoins de chaleur soient couverts par des sources renouvelables en 2020. Fin 2020, cette part s'élevait à seulement 23 % – même si cette part progresse – avec en tête la biomasse, les pompes à chaleur air/air et la géothermie. Nicolas Garnier estime qu’il faut changer de braquet. « Le seuil de 38 % est atteignable mais il faut que le rythme de développement soit significativement accéléré, de manière à ce que les énergies renouvelables couvrent 50 % de la consommation de chaleur dès 2030 ! ». C’est la première priorité fixée par le Ser, Amorce et la Fedene.
Création d’un chèque chaleur
Les trois fédérations souhaitent aussi la généralisation d’un « plan territorial chaleur renouvelable » dans toutes les collectivités territoriales de plus de 20 000 habitants. « Dans les territoires ruraux, des plans spécifiques devront également permettre de créer 1 500 réseaux de chaleur pour valoriser l’ensemble des énergies renouvelables et faire basculer un grand nombre d’usagers vers des modes de chauffages vertueux », poursuit Pascal Roger de la Fedene. Troisième priorité : revoir à la hausse l’enveloppe du Fonds Chaleur de l’Ademe et l’assortir des moyens humains nécessaires pour faire émerger des projets. « L’Ademe ne peut déjà plus financer les projets de 2022 via le Fonds Chaleur », explique Jean-Louis Bal. Ce dernier propose même d’inscrire le dispositif MaPrimeRénov dans une trajectoire pluriannuelle. « Nous proposons d’inscrire, dans la loi de Finances, une trajectoire budgétaire de développement à 5 ans de cet outil essentiel, de manière à refléter les trajectoires prévues dans la prochaine PPE ». Quatrième et dernière priorité : créer un « fonds social pour le climat » pour accompagner les plus vulnérables et permettre une transition énergétique pour tous. « 95 % des logements du parc depuis 1999 sont chauffés au gaz ou à l’électricité… », déplore Nicolas Garnier. Il propose la création d’un « chèque chaleur » sur le même principe que le chèque énergie qui aide les bénéficiaires à payer leur facture de gaz ou d’électricité. « Le chèque chaleur sera exclusivement destiné aux foyers modestes chauffés par une solution collective de chauffage renouvelable. Contrairement au chèque énergie – qu’il faut faire évoluer ! –, le chèque chaleur pourra être utilisé par les occupants des logements pour régler directement leurs charges de chauffage ».

