Réseaux de chaleur : une dynamique encore insuffisante
CFP - Publié le 17 décembre 2024
A l’occasion d’une conférence de presse organisée le 10 décembre dernier, l’association Amorce a formulé des propositions pour accélérer le développement des réseaux de chaleur.
Assurer la compétitivité des solutions EnR&R et de nouvelles recettes pour la transition énergétique : telle est la première proposition de l’association Amorce pour accélérer la dynamique de mise en œuvre des réseaux de chaleur et de froid. « Il s’agirait de mettre en place un amortisseur socio-environnemental sur le prix du gaz », précise Nicolas Garnier, délégué général. « Soit un prix plancher du gaz lorsque les cours baissent excessivement fixé à 45 euros/MWh sur les marchés (ce qui représente un prix de 80-90€/MW TTC pour le client final). Au regard du cours actuel du gaz (39 euros/MWh), c’est une recette de 1,2 milliard d’euros en 2025. » L’association dénonce en effet l’inégalité de traitement de la chaleur renouvelable par rapport aux autres énergies, notamment électriques. Critiquant également les politiques publiques menées ces dernières années, elle propose également de réduire les dépenses inefficaces sur le plan « coût/passage à l’action/bénéfice environnemental », avec une évaluation systématique des aides à l’euro/tonne de CO2 évitée et au regard de l’efficacité réelle. « Nous demandons une révision des aides MaPrimeRénov’ », martèle Nicolas Garnier. « Pas d’aide sur les systèmes de chauffage – sauf panne – dans les passoires thermiques (E, F et G), pas d’aide non plus sur la rénovation pour les classes A, B, C et D. »
En ce qui concerne le Fonds Chaleur, même si son maintien à 800 millions d’euros est, semble-t-il assuré, Amorce souligne son insuffisance au regard des besoins : « Il serait nécessaire d’accélérer à 1,5 milliard d’euros ». Une distribution du Fonds Chaleur pertinente avec les projets des territoires est également attendue, en répartissant l'effort de diminution des aides sur un maximum de projets pour éviter de renoncer à certains projets et pour limiter la réduction des aides sur les extensions de réseaux.
Un focus a été fait sur la biomasse, énergie menacée dans les réseaux. « Nous avons une forte inquiétude sur la baisse de 40 % des aides des projets 100 % biomasse proposée par l’Ademe », indique Nicolas Garnier. « Cette baisse aura des conséquences très néfastes sur le développement de cette filière. »
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