Stratégie nationale bas-carbone : où sont les rénovations d’ampleur ?
CFP - Publié le 15 décembre 2025
En consultation publique pour trois mois, le projet Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) 3 a été présenté le 12 décembre par le gouvernement. Parmi les secteurs concernés, le bâtiment présente de nouvelles orientations, pas forcément bien reçues par certains acteurs de la rénovation énergétique.
Réussir la conversion écologique du pays à l'horizon 2050, tel est l’objectif de ce plan d’actions, en consultation jusqu’en mars 2026. Le secteur des bâtiments a émis 57 Mt CO2e en 2023, soit 15 % des émissions brutes de la France, rappelle le gouvernement. Ces émissions devront être réduites de 60 % en 2030 (37 Mt) et de 97 % en 2050 (3 Mt) par rapport à leur niveau de 1990 (93 Mt). En premier lieu, il s’agit de rénover le parc de logements pour obtenir un parc composé majoritairement de DPE A, B voire C en 2050 : 700 000 logements rénovés par an en moyenne, pour permettre au moins deux sauts de classe DPE entre 2025 et 2030. Parmi ces rénovations, 250 000 sont des rénovations d’ampleur. Bien loin donc des ambitions affichées par les précédentes stratégies ou envisagées par de nombreux acteurs publics ou privés, qui allaient parfois jusqu’à 500 à 700 000 rénovations globales par an… Plus réaliste ? Ce chiffre a pourtant fait bondir certains acteurs de la rénovation énergétique.
« Abandon » des ménages en précarité énergétique
« Sous couvert de “réalisme”, l’État acte un abaissement brutal de l’ambition, au profit d’une électrification massive des logements mal isolés, aux conséquences lourdes pour l’emploi, le pouvoir d’achat et la santé des ménages », assène le collectif Rénovons pour qui ce choix revient à institutionnaliser « une rénovation au rabais, dominée par des mono-gestes, et à renoncer à l’objectif d’un parc de logements réellement performant à long terme ». Et parmi ces mono-gestes, la pompe à chaleur est toujours propulsée sur le devant de la scène, avec l’installation de 8,8 millions d’appareils projetée à 2030.
Pour Isabelle Gasquet, responsable plaidoyer efficacité énergétique au réseau Cler, « l’installation de pompes à chaleur dans les logements peut être une première réponse, mais elle est loin d’être suffisante pour sortir les ménages de la précarité énergétique. Seule la rénovation énergétique globale et performante permet de coupler la baisse des consommations d’énergie avec une amélioration durable de la qualité de l’habitat et donc des conditions de vie décentes. Le gouvernement ne peut faire l’économie d’une telle politique publique de justice sociale ».
Parmi les autres orientations, maîtriser la hausse des usages de la climatisation devient une priorité, passant par la décarboner des fluides frigorigènes, en lien avec la réglementation F-Gas.

