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Crise du bâtiment : la FFB appelle à un sursaut politique

CFP - Publié le 23 juin 2026

Pour sa première conférence de presse en tant que président de la Fédération française du bâtiment (FFB), élu le 20 mars dernier, Frédéric Carré a dressé un constat particulièrement sombre de la situation du secteur. Malgré un léger rebond de la construction neuve observé au début de l’année, les indicateurs demeurent orientés à la baisse et la fédération craint un nouvel affaiblissement de l’activité dans les prochains mois.

FFB

« Sur les 193 milliards d’euros de chiffre d’affaires du secteur, la construction neuve en représente 76 », a rappelé le nouveau président de la FFB, Frédéric Carré, pour son baptême du feu face à la presse. « La part de ce segment tombe donc à 39 %, plancher depuis au moins 30 ans. Pour mémoire, elle atteignait un peu plus de 50 % en 2011-2012. Le logement neuf ne représente plus qu’un très faible 20 % de l’ensemble. L’amélioration-entretien ressort donc nettement majoritaire, à 61 %, mais, en son sein, on ne compte qu’un peu plus d’un quart de rénovation énergétique. Avec 31 milliards d’euros de travaux, les ambitions visées par la France restent totalement hors d’atteinte ! »

Le neuf toujours à la peine…
Un verdict sans appel, d’autant que les espérances du tout début 2026 se heurtent au nouveau conflit au Moyen-Orient. Les mises en chantier atteignent 321 000 logements en rythme annuel, soit 35 000 unités de moins que la moyenne observée au cours des quarante dernières années. Un niveau incompatible, selon la FFB, avec l’objectif gouvernemental de construire deux millions de logements d’ici 2030, soit plus de 430 000 logements par an.
L’inquiétude porte également sur l’amont de la chaîne de production. Les permis de construire ralentissent fortement, notamment dans le collectif, tandis que les mises en vente des promoteurs se sont effondrées de 31 % au premier trimestre 2026, tombant à un peu plus de 11 000 logements, contre une moyenne historique de 24 000. « Cela annonce une catastrophe pour l’avenir », estime carrément le président de la FFB, qui pointe aussi le recul de l’activité du crédit immobilier, pénalisée par des taux encore élevés et les contraintes imposées par le Haut Conseil de stabilité financière.

… et la rénovation aussi
La rénovation, qui représente donc désormais plus de 60 % de l’activité du secteur, n’échappe pas au ralentissement. Le premier trimestre 2026 marque le sixième trimestre consécutif de baisse, avec un recul de 2,6 % de l’activité globale et de 3,4 % pour la rénovation énergétique. La fédération critique vivement les arbitrages budgétaires du gouvernement, notamment la réduction annoncée de 300 millions d’euros des crédits alloués à MaPrimeRénov’ et la baisse des dotations du Fonds vert. « Les errements des pouvoirs publics sur MaPrimeRénov’, les Certificats d’économie d’énergie ou encore le photovoltaïque cassent complètement ce marché », déplore Frédéric Carré, qui explique que les conséquences commencent à se faire sentir sur l’appareil productif : le secteur a perdu 55 000 emplois depuis fin 2022, dont 11 000 supplémentaires sur la seule année écoulée.

Demandes urgentes
À ces difficultés s’ajoutent des tensions croissantes sur la trésorerie des entreprises, confrontées à la hausse des coûts des matériaux et à des délais de paiement toujours jugés excessifs, notamment dans la commande publique. Les défaillances d’entreprises devraient ainsi dépasser 13 000 cas à la fin de l’année 2026.
Pour enrayer cette dégradation, la FFB réclame notamment le vote d’une loi de finances pour 2027, afin d’éviter une « loi spéciale » qui bloque les dispositifs de soutien ; le maintien du PTZ neuf et pas de relèvement de la Réduction de Loyer de Solidarité (RLS) ; l’amélioration du dispositif « Jeanbrun » afin de rendre l’individuel éligible ; l’assouplissement de l’ancien (abaissement de 30% à 20% de la quotité de travaux requise et une contrainte moins forte sur étiquette DPE à obtenir) ; la révision des paramètres d’amortissement si nécessaire.
La Fédération demande aussi que les conditions du troisième programme de l’Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine (Anru 3) soient définies. C’est dans ce cadre que le projet de loi « Relance Logement », présenté le même jour, doit s’inscrire. « Il faut que l’État s’engage financièrement et rapidement », insiste Frédéric Carré. Première réponse : le budget de 5 milliards a été annoncé, provenant des différents acteurs concernés, l’Etat contribuant à hauteur de 10 % de ce budget.

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