Distribution professionnelle : une baisse modérée des ventes en 2025
CFP - Publié le 06 mai 2026
Le 6 mai, à l’occasion des Etats généraux de la salle de bains, la fédération de la distribution professionnelle Coédis a présenté les chiffres de ventes 2025. Le chiffre d’affaires du CVC est en recul de - 2,4 %, ceux du sanitaire et de la plomberie baissent respectivement de - 3,1 % et - 3,2 %.
Roland Mongin, délégué général de Coédis.
« A fin 2025, les ventes de la distribution professionnelle observent une baisse plus modérée de - 3,1 %, après une année 2024 particulièrement mauvaise à - 14 % », a indiqué en introduction Roland Mongin, délégué général de Coédis. « Nous arrivons même, à la fin du premier trimestre 2026, à un plateau zéro. Espérons que cette tendance se poursuivra et que les chiffres d’affaires remonteront. » Le climat économique général, l’instabilité politique et géopolitique, ainsi que les « stop and go » des aides à la rénovation expliquent en partie une demande qui reste faible, Roland Mongin évoquant une dynamique de développement du négoce affaiblie. Il déplore que d’autres acteurs « grignotent » des parts de marché au négoce professionnel, commerce en ligne notamment.
Moindre baisse
Le CVC, qui pèse 34 % du chiffre d’affaires global du négoce représenté par Coédis, accuse une « moindre baisse » de - 2,4 % par rapport à 2024. Plusieurs explications à cela : le remplacement des brûleurs plutôt que des chaudières complètes, restrictions imposées par la RE 2020, aides pour le chauffage au bois en baisse de 30 % depuis janvier 2025, volume des rénovations d’ampleur très en-deçà du potentiel du marché des « passoires thermiques », et une construction neuve toujours basse, les récents rebonds ne suffisant pas à rattraper le décrochage jugé « historique » du secteur.
Effet trompe l’œil
Dans le détail des équipements, on observe une baisse « en trompe l’œil », selon Roland Mongin, les disparités étant très grandes selon les familles.
Si un tiers du chiffre d’affaires CVC est représenté par les pompes à chaleur, les Pac eau/eau tiennent le haut du tableau avec une progression de 9, 6 %, suivies des Pac air/air à + 6,8 %. Logiquement, les Pac air/eau se retrouvent dans les baisses les plus importantes, à - 7 %, juste au-dessus des générateurs biomasses (- 7,1 %) et des équipements solaires photovoltaïques (- 16,8 %). Les accessoires pour Pac obtiennent le tableau d’honneur à + 2,9 %, de même que les émetteurs de chauffage et aérauliques à + 1,7 %. La ventilation est à - 0,6 %, affectée selon Roland Mongin par la GSB en particulier, qui récupère une bonne partie des parts de marché. Les chaudières poursuivent leur chute, à - 3,4 %.
Sanitaire : persistance de la baisse
Le secteur du sanitaire est aussi impacté, à - 3,1 %. Trompe l’œil également avec une belle progression des panneaux muraux à + 22,5 %. Les équipements PMR et collectivités restent stables, à un niveau équivalent à celui de 2024. Les autres secteurs sont en baisse avec, par exemple, - 4,1 % pour les WC, - 4,7 % pour la robinetterie, - 4,9 % pour les receveurs de douche et - 8,1 % pour les pièces céramiques sanitaires.
Côté plomberie, une nouvelle baisse de l’activité à - 3,2 % laisse apparaître un recul de l’hydrodistribution dans le neuf et une quasi-stagnation en rénovation, quand le multicouche prend 37 % de part de marché sur les quatre dernières années. Résultat : - 4,8 % sur les tubes et raccords.
En 2025, les pièces détachées s’en sortent bien, avec une progression de 2, 2 %, illustrant la dynamique de remplacement qui fait loi lorsque le pouvoir d’achat n’est plus là. En outre, la loi Climat et Résilience du 22 août 2021 réduisant la période de monopole du fabricant de 10 ans, les négoces spécialisés se sont positionnés.
Pour 2026, le négoce veut rester optimiste et voir des perspectives positives en marche : plan d’électrification des usages, relance du logement, Coup de pouce chauffage, potentiel des passoires thermiques ou encore le vieillissement de la population, engendrant une adaptation des logements.

