Géothermie profonde en Île-de-France : un potentiel à creuser
CFP - Publié le 20 mai 2026
Les résultats du programme Géoscan Île-de-France ont été dévoilés le 19 mai. Il vise à identifier les zones les plus favorables au développement de la géothermie profonde dans l’ouest et le sud du territoire francilien.
Zone d’étude du programme Geoscan IDF et implantation des installations de géothermie profonde en exploitation fin 2023 d’après Sybase (BRGM). © BRGM, Ademe
« La géothermie constitue un levier stratégique pour accélérer la transition énergétique et réduire notre dépendance aux énergies fossiles, en proposant une énergie renouvelable, locale et à coût maîtrisé », déclarent les parties prenantes du programme Géoscan Île-de-France, présenté par l’Ademe Île-de-France, la Région Île-de-France et le Bureau de Recherches géologiques et minières (BRGM). Les résultats de ce programme, en offrant une meilleure vision du sous-sol francilien, vont permettre dès cette année aux collectivités de développer des projets de géothermie profonde, avec notamment le soutien de l’État, via le Fonds Chaleur, opéré par l’Ademe, ainsi que celui de la Région Île-de-France via le nouveau Contrat Énergie à destination des collectivités, annoncé par la Présidente de Région le 12 mai dernier à l’occasion de la présentation du Plan Énergie 2026-2028.
Le territoire francilien concentre aujourd’hui le plus grand nombre d’installations de géothermie profonde en France et en Europe, avec 54 installations actives en 2025. Elle est en revanche moins développée dans l’ouest et le sud de l’Île-de-France, notamment en raison d’une connaissance encore incomplète du sous-sol dans ces secteurs. Pour y remédier, le programme Géoscan Île-deFrance a permis d’étudier le sous-sol au droit de près de 300 communes, sur près de 2000 km² du territoire.
Modèle géologique 3D du sous-sol
Initié en novembre 2023 pour une durée deux ans, le projet a débuté par la préparation d’une campagne d’acquisition de données géophysiques d’une ampleur inédite avec 280 km de mesure sur l’ensemble des 6 départements de la région et sur près de 100 communes. Réalisée de nuit entre mars et avril 2024, cette opération, menée par le biais de camions vibreurs qui génèrent des ondes acoustiques qui se propagent dans le sous-sol – afin de l’imager à l’instar d’une échographie –, vise à en améliorer la connaissance afin de faciliter l’exploration géothermique. À l’issue de ces acquisitions, le BRGM a procédé à l’analyse et l’interprétation des différentes données disponibles afin d’élaborer un modèle géologique 3D du sous-sol du territoire et un « modèle de réservoir » pour les couches géologiques concernées, l’Oxfordien et le Dogger. Ces travaux ont permis d’affiner la compréhension des propriétés du sous-sol et d’évaluer sa favorabilité au développement de la géothermie profonde.
L’étude apporte des informations inédites sur trois réservoirs géologiques essentiels (par ordre de profondeur croissante) :
• l’Oxfordien, encore jamais exploité en géothermie en Île-de-France, entre 700 et 1600 mètres de profondeur dans la zone d’étude ;
• le Dogger, aujourd’hui exploité par 54 installations avec près de 1,97 TWh produit en 2025, mais dont le potentiel restait incertain dans l’ouest et le sud francilien (les centrales existantes sont en effet concentrées dans le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis), situé entre 1 000 et 2 000 m de profondeur dans la zone d’étude ;
• le Trias, également inexploité jusqu’ici en Île-de-France, situé entre 1 200 et 2 500 mètres de profondeur sur la zone d’étude.
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