Le métier d’intégrateur GTB sort de l’ombre
CFP - Publié le 09 juin 2026
Réunis au sein du Syndicat des intégrateurs de gestion technique du bâtiment (SIGTB), créé en 2024, ces spécialistes de la supervision et du pilotage des équipements techniques entendent désormais faire entendre leur voix dans une filière où leur rôle est devenu central.
De gauche à droite : Thierry Tromeur, président du SIGTB ; Fabien Pont, secrétaire du syndicat ; Jérôme Viollet, vice-président ; Alexis Tinnirello, trésorier.
Si la GTB ne représente généralement qu'entre 1 et 1,5 % du coût de construction d'un bâtiment, elle en constitue de plus en plus le système nerveux. Chauffage, ventilation, climatisation, éclairage, stores, comptages énergétiques ou encore sécurité : l'intégrateur assure le dialogue entre des équipements issus de fabricants différents afin d'optimiser leur fonctionnement et leur performance énergétique. « Nous sommes au milieu de tous les lots », résument les responsables du syndicat. Une position qui impose de maîtriser à la fois les technologies CVC, les automatismes, les réseaux de communication, les logiciels de supervision et désormais les enjeux de cybersécurité.
L'évolution du marché renforce encore cette place stratégique. Longtemps réservée aux grands ensembles tertiaires, la GTB s'étend désormais à des bâtiments de plus petite taille sous l'effet du décret Bacs. Les intégrateurs constatent également une montée en puissance des architectures IP, de l'IoT et des exigences liées aux nouvelles réglementations européennes en matière de cybersécurité. Ces évolutions augmentent considérablement la complexité des projets et le besoin d'expertise terrain.
Charte exigeante
C'est précisément pour représenter cette expertise que le SIGTB a vu le jour. L'organisation fédère aujourd'hui 52 entreprises adhérentes, représentant près de 1 000 salariés et environ 150 millions d'euros d'activité. Son objectif est double : faire reconnaître le métier d'intégrateur et fournir aux maîtres d'ouvrage, bureaux d'études et entreprises une vision plus claire d'un marché encore mal identifié.
Le syndicat a également mis en place une charte d'adhésion exigeante. Les membres doivent être indépendants des constructeurs et installateurs, disposer de compétences multi-marques et justifier d'une expérience avérée dans l'intégration de systèmes GTB. Six labels de compétences ont été créés : installation électrique, automatisme, supervision, confort, développement logiciel et maintenance.
Au-delà de la représentation de la profession, le principal chantier identifié concerne la formation. Tous les adhérents dressent le même constat : les difficultés de recrutement freinent désormais le développement du secteur. Le SIGTB travaille donc avec plusieurs acteurs de la formation pour mieux faire connaître les métiers de l'intégration GTB et renforcer leur présence dans les cursus techniques.
Structurer la profession
Quatre commissions techniques ont d'ailleurs été lancées en 2026 autour de sujets jugés prioritaires : la vulgarisation des normes et réglementations, l'amélioration de la formation académique et continue, la rédaction d'un livre blanc de la GTB et la promotion de la maintenance des installations existantes.
Car pour le jeune syndicat, l'enjeu dépasse largement la seule croissance du marché. Il s'agit désormais de structurer une profession appelée à jouer un rôle majeur dans l'atteinte des objectifs de performance énergétique des bâtiments et dans le déploiement du bâtiment intelligent. Une ambition à la mesure d'un métier qui, longtemps discret, est devenu l'un des pivots de la transition numérique et énergétique du secteur.

