C'est acté : le coefficient d'énergie primaire de l'électricité abaissé à 1,7
CFP - Publié le 18 août 2026
Quelques mois après l'entrée en vigueur du nouveau coefficient d'énergie primaire (CEP) de l'électricité fixé à 1,9, le gouvernement a souhaité aller plus loin : malgré 78 avis défavorables lors de la consultation publique, le projet d’arrêté qui prévoit de ramener ce coefficient à 1,7 à compter du 1er janvier 2027 a été adopté.
Paramètre essentiel du diagnostic de performance énergétique (DPE), le coefficient d'énergie primaire permet de convertir l'énergie finale consommée en énergie primaire. Plus ce coefficient est faible, plus la consommation conventionnelle retenue dans le calcul du DPE diminue. Ainsi, un logement chauffé à l'électricité pourra améliorer son étiquette énergétique sans modification de sa consommation réelle.
Cette évolution s'inscrit dans le plan national d'électrification des usages, qui vise à accélérer la décarbonation des bâtiments en favorisant le recours à l'électricité, notamment via les pompes à chaleur, en cohérence avec la faible intensité carbone du mix électrique français. Après le passage de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026, cette nouvelle baisse à 1,7 traduit ainsi la volonté des pouvoirs publics d'aligner davantage le DPE sur la stratégie nationale de décarbonation. Selon les premières estimations, plusieurs centaines de milliers de logements aujourd'hui classés F ou G pourraient ainsi sortir du statut de passoire énergétique sans travaux, grâce à une simple révision du calcul réglementaire.
Une orientation qui reste controversée. Pour ses partisans, elle corrige un biais historique qui pénalisait les logements chauffés à l'électricité malgré un contenu carbone faible. Ses détracteurs estiment au contraire qu'elle risque de brouiller le signal envoyé par le DPE en améliorant la note de bâtiments dont la performance énergétique intrinsèque demeure inchangée.

